Guide Argentine : Influence de la religion
Dans tous les pays d'Amérique latine, l'Eglise catholique a joué un rôle prépondérant lors de la Conquête. A cette époque, le pape autorise l'installation des Espagnols à l'est du continent américain. Les colonisateurs s'engagent, en contrepartie, à convertir les indigènes au catholicisme. Les colonies (jésuites notamment) s'installent près des lieux de pouvoir. Cela forge des liens étroits entre l'Eglise et l'Etat. Les Jésuites sont très présents dans la région de Misiones (au nord-est, près du Paraguay et du Brésil), où s'installent les fameuses reducciones, destinées à convertir et à protéger les Indiens. Ils sont également nombreux à Córdoba, où ils fondent un séminaire.
Aujourd'hui, 90 % des Argentins se proclament catholiques. Mais l'Eglise a une emprise moindre que dans les pays voisins, liée à l'institution, à la fin du XIXe siècle, d'une école étatique et laïque. De plus, l'immigration a apporté son lot de minorités, notamment les juifs d'Europe de l'Est et les Arabes, venus de Syrie ou du Liban. Ces deux communautés ont une présence importante, à tel point que Buenos Aires est devenue la deuxième ville juive de la diaspora après New York. En septembre 2000, une mosquée y a été inaugurée.
Eglise catholique: des liens étroits avec le pouvoir
Il ne faut pas sous-estimer le pouvoir de l'Eglise catholique en Argentine : elle a accompagné le règne de Perón et l'a porté au pouvoir. A l'inverse, elle a contribué à sa chute, en 1955. Pendant les différentes dictatures militaires qui se succèdent, la partie la plus conservatrice de l'Eglise est restée silencieuse, se rendant le témoin muet des plus affreuses violations des droits de l'homme. Selon des révélations d'anciens officiers, des prêtres bénissaient des prisonniers politiques avant leur exécution. Cependant, des religieux combattant aux côtés des pauvres sont aussi touchés par la répression. L'Argentine reste un pays imprégné par la morale chrétienne. Pour preuve, jusqu'à l'amendement apporté à la Constitution, en 1994, l'une des conditions requises pour devenir président était d'être catholique. Cela a nécessité la conversion de Carlos Menem (président jusqu'en 1999), d'origine syrienne.

