Histoire de la population chinoise
Depuis deux mille ans, la Chine représente le quart de l'humanité. Elle lance tout juste son prochain recensement sur fond d'incertitudes. Tout a été mis en oeuvre pour ne pas dépasser le chiffre de 1,6 milliard d'habitants en 2020 depuis le lancement de la politique de l'enfant unique en 1978. Strictement appliquée en ville, elle est plus fluctuante à la campagne et surtout au sein de la « population flottante » des dizaines de millions de ruraux en quête d'embauche. Les autorités locales ont déjà découvert un pourcentage inquiétant d'« enfants fantômes » jamais recensés Enfin, la répartition du peuplement est loin d'être homogène, les neuf dixièmes étant concentrés sur seulement un sixième de la surface du pays, principalement autour des pôles économiques et urbains de la Chine orientale.
Les groupes ethniques
La bannière rouge de la République populaire de Chine est frappée d'une constellation de six étoiles, une grosse représentant le Parti communiste chinois et cinq petites pour les cinq nationalités reconnues dès la fondation de la République : les Han, les Mandchous, les Mongols, les Tibétains et les Hui (musulmans de Chine).
Ecrasante majorité de la population, les Han désignent le peuple chinois, en référence aux dynasties impériales qui régnèrent sous ce nom de 206 av. J.-C. à 220 ap. J.-C. Etre han, c'est appartenir à la culture chinoise, être le dépositaire d'une tradition plusieurs fois millénaire.
Or 6,7 % des habitants de la Chine sont non-han, y compris les nationalités déjà citées. Derrière ce faible pourcentage se cachent quelque 400 groupes ethniques qui parlent 55 langues différentes, formant les 55 « nationalités minoritaires » du pays. Cinq d'entre elles forment une large part, mais non la majorité, de la population des régions autonomes (Mongolie intérieure, Xinjiang, Guangxi, Ningxia et Tibet), établies entre 1947 et 1965 à la périphérie des provinces chinoises. Seuls quelques groupes dépassent les 5 millions d'individus : les Zhuang du Guangxi, les Ouïghours du Xinjiang, les Hui concentrés au Ningxia mais présents dans plusieurs provinces, les Miao et les Yi du Sud-Ouest. Certains sont à peine plus de 1 000. Eleveurs des plateaux ou riziculteurs des vallées, leurs modes de vie sont très divers, de même que leur degré de sinisation.
La Chine en cinq familles
Le critère linguistique étant déterminant dans l'identification des nationalités minoritaires, voici un petit tableau des cinq grandes familles de langues parlées par les peuples de Chine.
Les peuples altaïques
Les différents peuples de langues turques (kazakh, ouïghour et kirghiz) vivent dans les zones semi-désertiques de l'Asie centrale chinoise. Ils sont les descendants de grands fondateurs d'empire, les Mongols et les Mandchous des steppes du Nord-Est et du Nord.
Les Tibéto-Birmans
Dispersés dans le grand Sud-Ouest, une quinzaine de peuples parlent les langues de ce groupe. Les pasteurs tibétains sont moins nombreux que les Yi et leurs cousins (Hani, Lisu, Naxi, Lahu, Bai, Jinuo), constellation de peuples proches par la langue et la culture, établis sur les hauts plateaux qui suivent les chaînes de montagnes du Yunnan et du Guizhou. Aux confins de la Birmanie et de la Chine, le long des cours supérieurs du Mékong et de la Salouen, vivent les petites populations des Nu, des Dulong, des Jingpo et des Achang.
Les Austro-Asiatiques
Cousins des Khmers du Cambodge, les Wa, Bulang et Deang forment de petites communautés éparpillées à l'ouest du Yunnan, au voisinage du Triangle d'or.
Les Miao-Yao
Les populations de langue miao-yao sont sans doute des aborigènes du centre ou du nord de la Chine ancienne qui migrèrent au sud du Yangzi jiang en des temps lointains. Ils comprennent une dizaine d'ethnies apparentées, rassemblées aujourd'hui en deux nationalités. Les Miao et les Yao ont en commun une extraordinaire richesse vestimentaire qui puise dans toutes les ressources de l'art textile.
Les Taï-Kadaï
Riziculteurs de tradition, ils s'étendent sur la plupart des plaines, des plateaux et des vallées du sud de la Chine et de la péninsule indochinoise. Cet ensemble ethnolinguistique, pour considérable qu'il soit, n'a donné lieu en Chine qu'à neuf nationalités officielles, certaines totalement sinisées : les Buyi, les Zhuang, les Dai, les Dong, les Shui, les Mulam, les Maonan, les Gelao et les Li.

