Voyage Chine : La religion
Eradiquée au plus fort des années de la Révolution culturelle, la religion a retrouvé sa place dans le quotidien des Chinois.
Les trois enseignements
Confucianisme, taoïsme, auxquels s'ajoute une doctrine venue de l'Inde, mais totalement sinisée, le bouddhisme, composent l'héritage du passé. Le premier, après avoir été longtemps la clé de voûte des cultes officiels, continue à régler une certaine morale sociale. Le deuxième a légué ses pratiques physiques (diététique, anatomie, exercices respiratoires) et spirituelles (méditation). Le troisième, en s'appuyant sur les notions de salut et de délivrance, a nourri les croyances en l'au-delà.
Le bouddhisme s'est diffusé en Chine à la fin du Ier siècle, sous la forme du Mahayana ou Grand Véhicule (de salut). Cette doctrine met l'accent sur les vertus de compassion et de sagesse. Elle a donné lieu à plusieurs écoles de pensée, dont le chan, plus connu sous son nom japonais, le zen. Parmi les bodhisattvas, « êtres d'éveil », intercesseurs entre Bouddha et les hommes, Wenshu, Puxian et Dizang occupent une place de premier plan aux côtés de Guanyin, bodhisattva de la compassion universelle.
Le lamaïsme est une forme du bouddhisme particulière aux populations tibétaines et à la Mongolie intérieure.
Forgé sur le nom de son initiateur, Confucius, le confucianisme doit aussi beaucoup à un philosophe du IVe siècle av. J.-C., Mengzi ou Mencius. Il contribua à la diffusion de la pensée confucéenne en la rendant plus pénétrable et se fit le champion de son interprétation humaniste. Norme des rites officiels et du bon gouvernement, le confucianisme devint un code moral, élargi à l'ensemble de la société, avec la naissance du courant néo-confucianiste au Xe siècle.
Le terme de taoïsme a été formé à partir du mot « dao », la « voie », clé de voûte de la pensée chinoise ancienne. Cette « voie », sur laquelle chacun devait s'engager pour réussir sa vie, était perçue différemment par les confucéens et par les taoïstes, ces derniers lui donnant volontiers un sens mystique et naturaliste. Le yin et le yang sont les concepts les plus anciens. Principe masculin lié au ciel, le yang est activité, lumière et chaleur. Principe féminin associé à la terre, le yin est repos, obscurité et humidité. Le « taiji », « faîte suprême », est le diagramme représentant leur union, sous la forme d'un cercle divisé par un S en un côté noir (yin) et un côté blanc (yang).
La religion populaire
Les trois enseignements cohabitent sans s'opposer. En parallèle, il existe tout un monde de dieux intercesseurs qui défient l'étiquetage. En Chine, les images des dieux, des héros et des immortels sont d'abord vénérées de manière très pragmatique pour leur efficacité. Le panthéon populaire n'est pas exclusivement masculin : des temples sont dédiés à Mazu sous les traits de la Dame céleste, de la princesse des Nuages bigarrés, fille du Taishan, ou de Chang'e, qui vit dans la lune Toutes sont de puissantes protectrices. Au cours des miaohui, « réunions de temples », qui jalonnent le calendrier lunaire, les Chinois se souviennent de l'histoire de leurs dieux locaux, du sol ou du clan, et partagent avec eux le plaisir d'une pièce d'opéra présentée par une troupe d'acteurs ambulants.

