Les clés du passé
Archipel rebelle, Cuba ne se résout pas à un destin de « Pays sous influence ». Depuis la résistance indienne à la colonisation espagnole jusqu'à l'entêtement castriste face à l'embargo américain, le « Pays du crocodile » n'en finit pas de montrer les dents pour défendre une indépendance toujours menacée.
Archipel rebelle, Cuba ne se résout pas à un destin de « Pays sous influence ». Depuis la résistance indienne à la
Premiers habitants : les Amérindiens
Voilà cinq mille ans, Cuba était une terre vierge. Vers le quatrième millénaire av. J.-C., des Indiens venus d'Amérique du Sud y accostent en pirogue. Appartenant tous à la grande famille des Arawaks, ils se répartissent en trois ethnies. Les Siboneyes et les Guanahacabibes, nomades, vivent de la chasse à l'arc, de la pêche au harpon et de la cueillette. Ils logent dans des huttes de palme et se réfugient, au besoin, dans des grottes. Les Taïnos, sédentaires, sont agriculteurs : ils cultivent notamment le coton, qui leur sert de monnaie d'échange. La société taïno, organisée en chefferies dirigées par un cacique, est plus développée que les groupes nomades.
A l'arrivée des Blancs, environ 200 000 Arawaks peuplent Cuba. Un demi-siècle plus tard, ils ont quasiment disparu. Mais ils ont laissé au pays son nom : Cuba est un mot arawak.
Quant à l'appellation d'« Indiens » donnée aux aborigènes, elle vient de ce que Christophe Colomb crut avoir débarqué aux Indes en touchant l'Amérique. Les possessions espagnoles du Nouveau Monde furent baptisées, elles, « Indes occidentales ».
La conquête espagnole : colons et esclaves
Le 28 octobre 1492, Christophe Colomb et son équipage abordent Cuba. Les premiers contacts avec les Indiens sont pacifiques et bon enfant. Les explorateurs s'étonnent de voir les Taïnos « un tison à la main, fait d'herbes roulées, pour en boire la fumée » : ils découvrent le cigare ! Moins de vingt ans plus tard, en 1510, Diego Velázquez, mandaté par le roi d'Espagne pour conquérir l'île, débarque dans la baie de Guantanamo avec 300 hommes et trois ou quatre navires. Fidèle à sa réputation de massacreur d'Indiens, il fait un carnage. Le prêtre Bartolomé de Las Casas, qui accompagne les conquistadores, témoignera : « Les Indiens venaient à nous avec victuailles et sourires. Hommes, femmes, enfants : 3 000 êtres passés au fil de l'épée, en ma présence, sans raison aucune. » Sous la conduite du cacique taïno Hatuey, les aborigènes opposent une résistance farouche aux conquérants sanguinaires. Le 2 février 1512, Hatuey est capturé et brûlé vif. On raconte que, lorsqu'un prêtre vint lui proposer le baptême, le chef indien demanda : « Les chrétiens vont-ils au paradis ou en enfer ? » « Au paradis », répondit le prêtre. Hatuey choisit l'enfer. Son exécution marque la fin de la révolte des indigènes. En l'espace d'une génération, ils sont décimés par le travail forcé dans les mines d'or, les mauvais traitements et les épidémies. Pour pallier la disparition de la main-d'oeuvre indienne, les colons importeront des esclaves d'Afrique noire à partir de 1524.
Dans la deuxième moitié du XVIIIe siècle, la culture de la canne à sucre connaîtra un développement spectaculaire, et le nombre des esclaves passera de 40 000 en 1774 à 470 000 en 1840. Comme le résume un écrivain cubain, « pour récolter de l'or blanc, les Espagnols broyèrent des Noirs ». L'esclavage ne sera aboli qu'en 1886.
Pirates et corsaires : un archipel convoité
Après avoir épuisé les réserves en or de Cuba, les conquistadores s'attaquent à celles du Pérou et du Mexique, beaucoup plus importantes. Par sa position stratégique sur la route de la métropole, l'île devient la plaque tournante du négoce avec les colonies. Les galions espagnols remplis d'or, de pierres et de bois précieux, font escale dans les ports cubains de Santiago et de La Havane, où ils chargent du sucre et du tabac. Les richesses qui transitent par Cuba excitent la convoitise des adversaires de l'Espagne : la France, l'Angleterre, la Hollande, dont les colonies encerclent l'île. Pas étonnant, donc, que l'histoire de Cuba, du XVIe au XVIIIe siècle, regorge d'attaques de corsaires et de pirates : les corsaires abordent les navires d'un pays ennemi à la demande d'un gouvernement, tandis que des pirates agissent pour leur propre compte.
Ils envahissent la mer des Caraïbes : le Jolly Roger, le drapeau noir à tête de mort, sème la terreur. Le roman « L'Ile au trésor » de Robert L. Stevenson est directement inspiré de l'Ile des Pins, actuelle Ile de la Jeunesse, où les pirates avaient établi leur quartier général.
En 1762, les Anglais conquièrent La Havane. Ils ne la gardent qu'un an : dès 1763, ils la rendent au roi d'Espagne Charles III en échange de la Floride. Mais leur passage donne un coup de fouet à l'économie de l'île : ils ouvrent le port cubain au commerce mondial, et la concurrence dope les échanges. Le trafic négrier décolle et, en quelques décennies, le nombre d'esclaves décuple, permettant le développement des plantations de sucre, de café et de tabac.
En route vers l'indépendance
Le boom de l'importation d'esclaves entre 1770 et 1850 bouleverse les rapports de force au sein de la colonie. Selon le recensement de 1861, plus de la moitié des habitants de Cuba sont noirs, plus d'un tiers créoles (c'est-à-dire blancs nés à Cuba), et les Espagnols très minoritaires (8 %). Les esclaves vont de grève en révolte. Sous l'impulsion des Créoles qui supportent de plus en plus mal le joug de la métropole, le mouvement indépendantiste prend son essor au fil des rébellions.
Le 10 octobre 1868, un planteur de l'aristocratie créole, Carlos Manuel de Céspedes, libère ses esclaves et appelle au soulèvement contre l'Espagne. C'est le coup d'envoi de la « Grande Guerre » ou « guerre de Dix Ans ». En 1869, les rebelles proclament la république et placent Carlos Manuel de Céspedes à sa tête. Mais le rêve s'effondre : Céspedes est assassiné par l'armée espagnole et, en 1878, les indépendantistes capitulent. La deuxième guerre d'indépendance (1895-1898), déclenchée par José Martí, débouchera sur l'entrée en scène des Américains dans l'histoire cubaine.
De l'occupation espagnole à l'occupation américaine
Au XIXe siècle, Cuba, avec son économie de plantation fondée sur l'esclavage, a bien des points communs avec le sud des Etats-Unis. De là à considérer l'île comme un prolongement naturel du pays de l'Oncle Sam, il n'y a qu'un pas. Les Américains le franchissent en 1898, en profitant de l'action des indépendantistes cubains pour chasser les Espagnols. Ils installent à Cuba un régime d'occupation militaire. En 1902, Washington reconnaît l'indépendance de l'île, mais de manière purement formelle. L'amendement Platt, imposé dans la première constitution cubaine, donne aux Etats-Unis l'autorisation d'intervenir militairement à Cuba et même d'y installer une base navale, à Guantánamo. Et l'abrogation de cet amendement, en 1934, n'entame pas la mainmise américaine sur la politique et l'économie cubaines. Les gouvernements cubains successifs n'ont pas de pouvoir réel. La mafia contrôle l'île, qui devient, comme on disait alors, le « bordel de l'Amérique » : des centaines de maisons closes ouvrent à La Havane pour le plus grand plaisir des touristes et des hommes d'affaires nord-américains. A l'occasion des élections présidentielles de 1952, un nouveau parti, « Los Ortodoxos », promet de faire le ménage au sommet de l'Etat. Mais un ancien président, le colonel Fulgencio Batista, reprend le pouvoir à la faveur d'un putsch. Parmi les membres de « Los Ortodoxos », un jeune avocat : Fidel Castro. Celui-ci opte pour la résistance armée.
La révolution de 1959 : le triomphe des barbudos
En 1953, après l'attaque de la caserne de la Moncada, à Santiago de Cuba, Fidel Castro est incarcéré. En 1955, libéré à la faveur d'une amnistie générale, il part avec ses hommes au Mexique, où il rencontre Ernesto Guevara, dit « le Che »
Le 2 décembre 1956, quatre-vingt-deux hommes, dont Castro et Guevara, abordent Cuba à bord du yacht Granma. Leur objectif : renverser le gouvernement de Batista. Mais le débarquement tourne à la catastrophe : le bateau échoue dans des marais, à l'extrémité orientale du pays. Seuls douze des guerilleros réchappent d'un premier affrontement avec l'armée cubaine. Affamés, à peine armés de quelques mitraillettes, ils se réfugient dans la Sierra Maestra, d'où ils poursuivent la lutte en ralliant des paysans à leur cause. Deux ans plus tard, en janvier 1959, les barbudos - ainsi surnommés à cause de leurs barbes - ont raison de l'armée cubaine et entrent victorieux à La Havane. Batista quitte le pays, tandis que Castro devient le nouvel homme fort de Cuba.
« Saint » Guevara
Le mythique révolutionnaire est mort depuis plus de quarante ans, mais son effigie demeure omniprésente : sur les murs, les tee-shirts, les cartes postales Le Che n'est pas seulement le symbole de la révolution : il est aussi une sorte de James Dean national. On ne se prive plus de critiquer Fidel, mais nul ne songerait à égratigner Ernesto. Né en Argentine en 1928, le Che aiguise sa conscience politique lors d'un voyage à travers l'Amérique latine. Pendant la guérilla cubaine, sa compétence de médecin lui gagne la sympathie de la population. Arrivé au pouvoir, il est successivement directeur de la Banque nationale de Cuba, ministre de l'Industrie puis de l'Economie. Partisan d'étendre la lutte anti-impérialiste à tout le continent sud-américain, il rejoint le maquis de Bolivie, où il trouve la mort en 1967.
La rupture définitive avec les Etats-Unis
Au lendemain de la révolution, le pouvoir castriste nationalise les grandes exploitations agricoles, les latifundia. C'est une réforme agraire sans précédent en Amérique latine. Cette collectivisation attire les foudres de Washington, qui bloque ses exportations de pétrole vers La Havane, puis ses achats de sucre cubain. Castro riposte en nationalisant les usines sucrières qui se trouvent sur le sol cubain. Excédés, les Etats-Unis interdisent la vente de toute marchandise américaine à Cuba en janvier 1961. C'est le début de l'embargo. Quelques mois plus tard, Washington rompt ses relations diplomatiques avec La Havane. Le ton monte d'un cran avec « l'épisode de la baie des Cochons ». En avril 1961, la CIA envoie des mercenaires anticastristes à Cuba. Leur but : renverser les barbudos. Mais l'opération est un fiasco complet. Dans la baie des Cochons, l'armée castriste triomphe des envahisseurs avec une facilité dont les Cubains eux-mêmes ne reviennent pas.
Du joug américain au joug soviétique
A l'issue de la crise de la baie des Cochons, Castro se proclame pour la première fois marxiste-léniniste. L'agression américaine et le blocus commercial poussent en effet Cuba à rechercher l'appui du géant soviétique. En vérité, sans l'aide de l'URSS, estimée à trois milliards de dollars par an, l'île n'aurait pas survécu économiquement. Jusqu'à l'effondrement du bloc de l'Est, la quasi-totalité du commerce extérieur de Cuba s'effectuait avec les pays communistes. Mais le soutien économique entraîne une dépendance politique. Cuba devient un pion soviétique dans le conflit Est-Ouest, qui atteint son paroxysme avec la « crise des fusées ». En octobre 1962, l'espionnage aérien américain découvre des rampes de lancement soviétiques sur le sol cubain, autrement dit à 200 km des côtes de la Floride. Les Etats-Unis somment l'URSS de retirer ses missiles. Le monde est au bord d'une guerre nucléaire. Au terme d'un bras de fer avec Kennedy, Khrouchtchev accepte, sans même consulter Castro, de démanteler et de rapatrier le matériel soviétique. En échange, Washington s'engage à ne pas envahir Cuba.
Vous avez dit embargo ?
L'embargo commercial décrété par Washington en 1961, toujours en vigueur, interdit toute circulation d'hommes et de marchandises des Etats-Unis vers Cuba. En principe ! Car en fait, quand il s'agit d'ouvrir des débouchés aux agriculteurs américains, il n'y a plus d'embargo qui tienne. Grâce à une loi américaine de 2001 qui autorise les achats « humanitaires » de Cuba payés comptant, l'île a, depuis 2002, acheté pour plus d'un milliard de dollars de produits agroalimentaires aux Etats-Unis.
La chute de l'URSS et les années de pénurie
En 1989, l'effondrement du bloc soviétique prive Cuba de son principal partenaire commercial. L'activité économique dégringole de 50 % en quatre ans. Castro appelle le peuple au sacrifice et décrète l'instauration d'une « période spéciale ». Des mesures d'austérité affectent durement le niveau de vie : la libreta, carnet de rationnement alimentaire, fait son apparition. Pour contrer la pénurie, le marché noir se généralise.
Parallèlement, les Etats-Unis resserrent leur étau et pressent leurs alliés de les suivre sur la voie de l'embargo. En 1992, la loi Torricelli, adoptée par George Bush, menace de sanctions les pays qui maintiennent des liens économiques avec Cuba. La France, l'Espagne, le Mexique ou encore le Canada, directement visés par ces mesures, refusent de s'aligner sur la politique américaine et poursuivent leurs relations économiques et diplomatiques avec Cuba. Castro sera même reçu en visite officielle en France en 1996.
L'embargo commercial décrété par Washington en 1961 interdit toute circulation d'hommes et de marchandises des Etats-Unis vers Cuba. Toujours en vigueur aujourd'hui, il a même été renforcé à plusieurs reprises malgré les condamnations internationales. Depuis 1992, l'assemblée générale de l'ONU vote chaque année en faveur de la levée de l'embargo. Ses détracteurs estiment en effet qu'il affecte avant tout le peuple de Cuba.
Au début de l'année 1996 se produit un nouvel incident cubano-américain : las avionetas. Un chasseur cubain abat deux petits avions pilotés par une organisation anticastriste. Washington durcit encore l'embargo avec la loi Helms-Burton. Mais, devant la pression internationale, Bill Clinton suspend l'application d'une partie de cette loi, une première fois en août 1996 puis de nouveau en janvier 1998, pour la visite du Pape à Cuba.
A partir de juillet 1998 s'amorce une reprise en douceur des relations cubano-américaines : un vol quotidien de Miami permet aux familles de se retrouver de part et d'autre du golfe du Mexique.
Il voit des cubains partout
Environ 1,2 million de Cubains, soit un dixième de la population, vivraient à l'étranger, notamment à Miami, où un quartier s'appelle tout simplement Little Havana. Depuis la révolution, l'émigration n'a jamais cessé : opposants politiques, membres de l'ancienne bourgeoisie s'estimant lésés par le collectivisme, Cubains jugés « indésirables » par Castro et surtout poussés à l'exil par la pénurie. Ainsi, en 1994, 36 000 personnes prennent la mer en direction de la Floride sur des radeaux faits de chambres à air, les balseros. Le génie bricoleur des candidats à l'exil n'a d'égal que leur désespoir : en 2003, c'est à bord d'un pick-up chevrolet de 1951 trafiqué pour flotter que des Cubains sont interceptés en mer...
Assouplissement économique, pas politique
Depuis 1993, la situation économique catastrophique a contraint le régime castriste à faire des concessions au capitalisme. Le pouvoir a légalisé le dollar. Il a autorisé la création d'entreprises familiales indépendantes : des ouvriers peuvent s'établir à leur compte, à condition de n'employer que des membres de leur famille. Les paysans ont le droit de vendre leurs produits sur des marchés libres. Et tout Cubain peu désormais louer des chambres aux touristes. En fait, toutes ces réformes officialisent des pratiques qui sévissaient depuis longtemps dans la clandestinité du marché noir.
Pour développer le secteur industriel et le tourisme, le régime ouvre l'économie aux investisseurs étrangers : des sociétés non cubaines peuvent détenir des parts majoritaires et même, depuis 1995, 100 % des parts, dans des entreprises établies sur le territoire cubain. Le tourisme international est devenu la principale source de devises, devant la canne à sucre !
Mais l'ouverture économique ne s'accompagne pas d'un assouplissement politique. Au contraire, le régime se durcit : au printemps 2003, alors que le monde a les yeux tournés vers l'Irak, des procès condamnent à de lourdes peines de prison 75 dissidents signataires du « projet Varela », une pétition réclamant des élections libres.
Castro justifie ces arrestations en brandissant la menace d'une invasion américaine : après l'Irak, Cuba sera, dit-il, la prochaine cible des Etats-Unis. Mais par cette vague de répression, la pire depuis 20 ans, Castro s'aliène quasiment toute l'opinion internationale - y compris en Europe. L'Union européenne, qui refusait jusque-là de s'aligner sur la position américaine, adopte des sanctions envers Cuba.
En 2004, afin d'« accélérer l'avènement de la démocratie » à Cuba, George Bush durcit l'embargo en limitant les voyages à Cuba et les envois d'argent de la part des Cubains exilés aux Etats-Unis - plus d'un milliard de dollars par an, l'équivalent des revenus cubains du tourisme ! Castro riposte par une « dédollarisation » de l'économie cubaine : le dollar est remplacé par le peso convertible, à la valeur d'un pour un. Fin du règne du dollar, qui était devenu la première monnaie de l'île après avoir été autorisé en 1993. L'embargo vise à affaiblir le régime, mais il affame le peuple car chaque réduction des rentrées de dollars entraîne une hausse du prix des denrées alimentaires.
Eté 2006, coup de théâtre : le 31 juillet, Fidel Castro, devant être opéré à la suite d'une hémorragie intestinale, remet provisoirement le pouvoir entre les mains de son frère Raúl, ministre des armées et de cinq ans son cadet. Ce dernier a notamment étonné les Cubains en les encourageant à plus de débat sur la politique du gouvernement et en appelant de ses voeux une gestion plus transparente de l'Etat. Il a obtenu que l'État règle en six mois la dette astronomique accumulée auprès des agriculteurs et des éleveurs de l'île : le montant s'élevait à 550 millions de pesos (17 millions d'euros). Ra?l admet que les dysfonctionnements du régime sont réels et d'origine interne. Il annonce des changements économiques structurels.
Enfin, le président par interim a invité à plusieurs reprises les Etats-Unis à renouer le dialogue, espérant voir cesser le blocus. Mais Washington conditionne la levée de l'embargo à une démocratisation du régime."Le seul dialogue dont il a besoin, c'est celui avec les Cubains", a répondu sèchement le porte-parole du département d'Etat américain. Néanmoins, loin des micros et des caméras, une reprise des relations diplomatiques entre les deux pays s'amorce, favorisée par le changement prochain du gouvernement américain.
L'après-Castro
L'avenir appartient sans doute à l'opposition, que les arrestations de 2003 n'ont pas réussi à museler. Une opposition d'ailleurs beaucoup moins « contre-révolutionnaire » et « mercenaire » des Etats-Unis que le régime ne le prétend : les propositions des dissidents cubains se situent à gauche. L'évolution des mentalités à l'oeuvre parmi des proches du pouvoir - et notamment des militaires - ouvre la perspective d'une perestroïka à la tropicale. Pour le futur, la dissidence cubaine insiste sur deux points : pas d'intervention américaine et une action pacifique, pour éviter tout risque de répression par l'armée. L'attitude des militaires sera déterminante. Tout comme celle des Etats-Unis.


