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Voyage Cuba

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Religion

Le Cubain peut aller à la messe le dimanche matin et, l'après-midi, égorger le poulet dans un rite animiste. C'est dire que ce peuple est aussi religieux que syncrétique. Les pratiques confessionnelles se brassent avec pragmatisme dans un mélange qui ne choque personne. La religion des Cubains est à l'image du peuple : métissée… 60 % de la population se déclare chrétienne, tout en pratiquant la santería, un culte d'origine africaine. Le clergé ne se risque pas à condamner ouvertement cette hérésie : elle sait que si un prêtre interdisait à ses fidèles la pratique de la santería, son église se viderait aussitôt.

Le catholicisme

Le régime entretient des relations compliquées avec l'Eglise catholique cubaine. Dès le lendemain de la Révolution, Castro, pourtant éduqué par les jésuites, s'oppose au clergé, auquel il reproche de défendre les intérêts de la bourgeoisie. La rupture est consommée en 1961, avec la participation de trois prêtres à l'opération anticastriste de la baie des Cochons. Dans les années 1960, les réunions de catholiques sont tolérées, mais étroitement surveillées.
Des membres du clergé fuient le pays. Des croyants et des prêtres sont envoyés en camp de travail. A partir des années 1970, l'Eglise et le régime renouent le dialogue. En 1985, dans un livre d'entretiens avec un religieux brésilien, Castro regrette les discriminations dont les chrétiens ont été victimes à Cuba : « Ce n'est plus l'Eglise des gros propriétaires terriens, des bourgeois et des riches », reconnaît-il. En 1992, le régime remplace le concept d'athéisme d'Etat inscrit dans la Constitution par celui de laïcité. La réconciliation entre l'Eglise et le régime culmine avec la visite historique de Jean-Paul II en janvier 1998.

La santería

La santería est le pendant cubain du vaudou haïtien ou du candomblé brésilien. A partir du XVIIe siècle, les esclaves venus d'Afrique introduisent à Cuba leurs divinités et leurs rites. Mais, comme ils n'ont pas le droit de le pratiquer, ils dissimulent leur culte sous un voile catholique : sous couvert de vénérer des saints, ils rendent grâce à leurs propres divinités, les orishas. Ainsi, chaque orisha, doté d'une identité et d'attributs précis, a été assimilé à un saint. Ogun, devenu San Pedro, représente la force divine, les armes, le feu. Elegua (San Roque) est le guide, celui qui montre la route. Chango (Santa Bárbara), en rouge et blanc, est la sainte la plus populaire, celle de la guerre et de la danse. Oshosi (Norberto) symbolise la justice, Obatala, la sérénité, etc. Le panthéon de la santería ne cesse de s'enrichir. Pour fêter les saints, les fidèles organisent des cérémonies, à domicile ou au pied d'arbres sacrés, dirigées par leurs prêtres (les babalaos) et rythmées par des tambours et des danses, par des offrandes et des sacrifices de coqs, de pigeons et de poulets. La transe est au coeur de ces rituels, car les orishas ne se manifestent qu'en prenant possession d'un être humain.