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Voyage Espagne : Histoire

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Voyage Espagne

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Les clés du passé

Unifiée par les Romains, conquise par les Arabes, traumatisée par la guerre civile, l'Espagne est aujourd'hui une grande nation qui, sous l'égide de Juan Carlos Ier, a su préserver ses particularismes régionaux.

Le royaume wisigoth

A la chute de l'Empire romain, les Vandales franchissent les Pyrénées pour faire un mauvais sort à l'ancienne province de Rome. L'empereur Honorius leur oppose les Wisigoths, peuple barbare vivant en Aquitaine, qui dominent bientôt du Tage à la Loire. Défaits par Clovis cependant, ils se replient sur l'Espagne et établissent leur capitale à Tolède (507). En un peu moins de un siècle, les Wisigoths imposent leur pouvoir et font de l'Espagne une nation autonome.
Le défaut de ce peuple est de ne pas avoir de règle successorale, ou plutôt une seule : le prétendant qui l'emporte à la pointe de l'épée devient roi. A la mort du roi Wamba (680), sa famille affronte celle de Receswinthe. Pour assurer leur victoire, les premiers font appel à Musa, gouverneur musulman de l'Afrique du Nord. Idée funeste : son lieutenant Tariq met très vite les rivaux d'accord, et anéantit les Wisigoths (711).

La domination musulmane

Les troupes de Tariq soumettent alors le territoire, excepté la cordillère Cantabrique et les Pyrénées occidentales. Les paysans chrétiens se convertissent à l'islam et les villes obtiennent la liberté du culte. En 756, le prince omeyyade Abd al-Rahman émancipe Al Andalus, l'Espagne musulmane, du pouvoir du califat de Damas. Devenu émir, il fait de Cordoue sa capitale.
Le royaume musulman connaît son apogée avec le calife Abd al-Rahman III (912-961). Le califat devient alors une puissance méditerranéenne. Doté d'une administration centralisée, le califat est le contraire des Etats chrétiens morcelés par la féodalité, et il dispose, de plus, d'une armée puissante. L'agriculture connaît une forte expansion, l'artisanat et le commerce enrichissent les villes, et la monnaie, le dirham d'or, sert aux échanges dans toute la Méditerranée.
Mais le califat ne peut vaincre les peuples chrétiens du Nord, qui résistent et progressent vers le sud. Dès 1002, le califat décline, miné par la rivalité des différents clans. En 1031, il fait place à de petits royaumes. Celui de Séville est le plus prospère et le plus puissant (XIe siècle).

La Reconquista (VIIIe- XIIIe siècle)

L'idée de nation perce en souvenir du royaume de Tolède, et grâce au pèlerinage de Saint-Jacques-de-Compostelle. On oppose saint Jacques à Mahomet. La Reconquête débute dans le royaume des Asturies. La légende fait de la ville de Cangas de Onis la première capitale de l'Espagne catholique. Des royaumes chrétiens tels que la Castille, l'Aragon et la Catalogne émergent.

L'apogée de la Reconquista

La fin du califat de Cordoue aide les projets de la Reconquête. L'Espagne chrétienne, longtemps cachée dans les montagnes, s'ouvre à l'Europe, et c'est une véritable « internationale » catholique qui se forme, favorisée par l'affluence des milliers de pèlerins qui cheminent vers Saint-Jacques. Les moines de Cluny, les ducs de Bourgogne, les comtes de Toulouse s'enrôlent sous la bannière de la Reconquista.
Les chrétiens remportent des succès, mais les troupes arabes restent puissantes. Les Almoravides infligent deux cuisantes défaites 1086 et 1109) à Alphonse VI. Les échecs poussent les chefs chrétiens à s'unir, et, en 1212, ils écrasent les Almohades. Séville et la haute Andalousie tombent aux mains de Ferdinand III, tandis que Jacques le Conquérant, roi d'Aragon, prend Valence et les Baléares. Le royaume de Grenade survit deux siècles. En 1492, après un long siège, Boabdil, le dernier roi maure de Grenade, se rend aux rois catholiques Ferdinand et Isabelle, puis s'exile.

La chute de Grenade

Elle marque la fin de la Reconquista et l'avènement de l'Espagne catholique. Le royaume de Grenade est le dernier bastion musulman en terre chrétienne. Enfermé dans le merveilleux palais de l'Alhambra, le roi Boabdil tente de résister et de préserver ses superbes jardins. Isabelle Ire de Castille et Ferdinand II d'Aragon comptent bien piétiner ses massifs, et assiègent la ville. Ne voyant pas d'issue, Boabdil remet les clés de Grenade aux rois catholiques en 1492. Sur le chemin de l'exil, le dernier roi maure d'Espagne est vertement sermonné par sa mère : « Ne pleure pas comme un enfant ce que tu n'as pas su défendre comme un homme. »

Le siècle d'or

Le XVIe siècle est le « Grand Siècle » de l'Espagne. Deux faits marquants l'annoncent : la prise de Grenade, et la découverte de l'Amérique, en 1492, par Christophe Colomb. Le premier signifie le retour à l'unité du pays, le second annonce une ère de prospérité.
Trois royaumes dominent, la Castille, l'Aragon et la Navarre, et deux institutions ont compétence sur tout le territoire, le Conseil d'Etat, pour la politique étrangère, et le Conseil de l'Inquisition. Après une période de relative liberté des cultes, un catholicisme rigoriste s'impose, à grand renfort de bûchers.

Une Espagne rurale et commerçante

Le pays se divise en trois régions agricoles avec, au nord, l'Espagne humide, ses prairies et ses vergers ; au centre, les plateaux couverts de terre à blé et de vignobles ; et, enfin, l'Espagne méditerranéenne, où sont cultivés blé, vignes et oliviers sur les collines, riz, légumes et céréales dans les champs irrigués des plaines.
Excepté le Pays basque, réputé pour le travail du fer et la construction navale, l'Espagne est un pays d'artisanat, où l'on travaille la laine et la soie et où les échanges se font lors de nombreuses foires. La région sud-ouest est la plus dynamique, grâce à la puissance du port de Séville, qui se voit attribuer le monopole du commerce avec l'Amérique. Ce trafic est géré par la Casa de Contratación. La ville voit affluer hommes et marchandises de toute l'Espagne et de l'Europe du Nord. Au retour, les navires sont chargés d'or et d'argent. La chute des arrivées de métaux précieux et les dépenses pharaoniques de Charles Quint et de Philippe II sonnent le glas du siècle d'or et préludent à un XVIIe siècle en crise économique.

L'unité religieuse par la contrainte

La notion d'unité nationale s'étend à la religion catholique. En 1492, les juifs se convertissent ou s'exilent. Les musulmans d'Andalousie et d'Aragon vont faire de même. Le protestantisme ne fait pas souche, pour cause d'élimination par voie d'autodafés. Pour consolider l'unité religieuse, Philippe II ordonne au Conseil de l'Inquisition de censurer les livres n'exprimant pas une pure ligne catholique, et interdit aux étudiants de se rendre dans les universités étrangères pour leur éviter tout contact avec des courants de pensées « hérétiques ».
A mille lieues de cet aspect répressif, le XVIe siècle catholique est brillant, avec la création de l'ordre des Jésuites de saint Ignace de Loyola et un formidable développement de la pensée théologique.

Francisco Pizarro

Natif de Trujillo, en Estrémadure, ce conquistador suit les traces du grand Christophe Colomb. En 1524, il part de Panama pour conquérir le Pérou, mais il essuie deux échecs. Fort du soutien de Charles Quint, il repart à l'attaque en 1531 avec trois navires et 180 hommes. Profitant des troubles qui agitent l'Empire inca, Pizarro s'empare par surprise de la capitale, Cuzco, puis il attire Atahualpa, le dernier roi inca, dans une embuscade, et le capture. Il en exige une colossale rançon d'or et d'argent mais, finalement, le fait étrangler et laisse ses hommes piller les richesses de l'Empire. Il est lui-même assassiné à Lima en 1541.

Un XVIIIe siècle centralisateur et prospère

Les Bourbons règnent. Ils se heurtent à l'opposition de l'archiduc Charles de Habsbourg, qui veut la place de Philippe V. Aidé de la France et des Castillans, le roi sauve son trône. Philippe V en profite pour mettre la main sur les régions soutenant l'archiduc. Le décret de Nueva Planta dissout les Cortes de Valence, d'Aragon et de Catalogne. C'est la centralisation : le territoire est divisé en vingt-quatre provinces gouvernées par le Conseil de Castille, assisté de quatre secrétaires d'Etat. L'économie s'améliore. Ainsi, sur les traces de Colbert, les ministres de Philippe V créent de grandes manufactures, suppriment les douanes intérieures et améliorent le réseau routier, ce qui tend à dynamiser le commerce, qui, déjà, se développe avec le Venezuela, Cuba et les Philippines.

Charles III, un roi avisé

Le XVIIIe est « le siècle des lumières », et Charles III s'en inspire. Il nomme des ministres réformateurs et l'enseignement est l'objet de toutes les attentions. L'accent est mis sur le développement des sciences appliquées et des techniques industrielles.
Des élus du peuple participent à la gestion des villes. C'est la fin dumonopole du commerce des grains, et de nombreux ports accèdent au négoce avec l'Amérique, ex-privilège de Séville et de Cadix. La politique de travaux publics améliore le réseau routier.
Seule la religion échappe à ce vent de réformes. Le Conseil de l'Inquisition veille au grain, et le roi contrôle l'organisation de l'Eglise. Pour l'avoir oublié, les Jésuites sont chassés, en 1767. La vengeance étant, dit-on, un plat qui se mange froid, le secrétaire d'Etat aux affaires étrangères, le comte de Floridablanca, obtient la dissolution de la Compagnie de Jésus en 1773.
Cette période prospère est mise à mal par la Révolution française. L'opinion espagnole rejette les idées des sans-culottes, et la mort de Louis XVI entraîne la guerre. Les armées de la Convention battent les troupes espagnoles et envahissent le Pays basque et la Catalogne. En 1796, l'Espagne conclut une alliance avec le Directoire. Napoléon, pour renforcer le blocus du Royaume-Uni, envoie la Grande Armée prendre le contrôle de l'Espagne.

L'Espagne et Napoléon

Le rattachement de l'Espagne au Premier Empire est un épisode peu glorieux pour l'empereur, car la guerre, qui durera de 1808 à 1813, se révèle être particulièrement sanglante. Napoléon obtient le départ de Ferdinand VII, et le Conseil de Castille se rallie à Joseph Bonaparte, qui devient roi.
Le peuple gronde. Le 2 mai 1808, Murat réprime une émeute à Madrid, et c'est le début de la guerre d'indépendance. Le comte Floridablanca mène le mouvement populaire. La Grande Armée affronte l'armée régulière espagnole, les « guerillos », et les troupes britanniques venues prêter main forte à l'Espagne. Une succession de batailles ensanglante la péninsule. Wellington a le dernier mot en infligeant une mémorable défaite aux Français à Vitoria, au Pays basque, en 1813.
Le ralliement des élites ibériques à l'Empire n'est pas fortuit, car elles voient en Napoléon l'opportunité de faire évoluer le pays. Un premier groupe est constitué de réformateurs modérés ; un second, les libéraux, adhère aux idéaux de la Révolution française. Majoritaires aux Cortes de 1811 à 1812, les libéraux pratiquent une politique de réformes, dont la plus symbolique reste la suppression du Conseil de l'Inquisition.
Ferdinand VII, remonté sur son trône, s'empresse de rétablir le pouvoir conservateur. En 1820, suite au pronunciamento du commandant Riego, le roi accepte les réformes. La parenthèse libérale est de courte durée, car, en 1823, l'absolutisme est rétabli, grâce au duc d'Angoulême, venu au secours du roi Ferdinand VII.

Sous le règne d'Isabelle II

A la mort de Ferdinand VII, en 1833, Isabelle II, âgée de 3 ans à peine, devient reine, et Marie-Christine régente. Don Carlos, frère du roi, ne l'entend pas de cette oreille et veut s'emparer de la Couronne. C'est la première guerre carliste. Elle durera sept ans, mais, au final, les carlistes sont tenus en échec. En 1839, une partie de l'armée carliste négocie son ralliement à la régente et 1840 voit la fin de la guerre. Les libéraux déclarent les biens religieux propriété nationale ; ceux-ci sont mis en vente. Cette mesure profite surtout aux nobles et aux bourgeois, qui se retrouvent ainsi à la tête de grandes propriétés.

Les généraux jouent les arbitres

Les libéraux, modérés et progressistes, s'empoignent régulièrement sur la question agraire. Les premiers sont menés par le général Narváez, et les seconds par le général Espartero, qui se succèdent au pouvoir entre 1840 et 1843.
Isabelle II monte sur le trône en 1843, et son règne correspond à une période paisible, hormis de 1854 à 1856, lorsque les modérés gardent le pouvoir et que les généraux font la loi. A gauche, il y a Espartero, à droite, O'Donnell succède à Narváez.
En 1868, Isabelle II est déposée par le général Serrano. Des Cortes élus au suffrage universel le nomment régent et votent une constitution prônant une monarchie constitutionnelle. Le général Prim devient chef du gouvernement. On recherche un roi. Ce sera chose faite en 1871, quand Amédée de Savoie, fils du roi d'Italie, accepte le poste. Le jeune roi fait face à l'insurrection de Cuba, au mouvement républicain du sud et à une nouvelle guerre carliste, au nord, pour finalement abdiquer en 1873 !
En 1874, le pronunciamento du général Martínez Campos rafle la mise. Alphonse XII, fils d'Isabelle II, devient roi. Profitant de ce chaos politique, les colonies d'Amérique s'émancipent. La prospérité économique est de règle. La construction navale et les industries mécaniques prospèrent au Pays basque et dans les Asturies, tandis que le chemin de fer connaît un fort développement.

Alphonse XIII, un règne agité

La monarchie constitutionnelle est en place depuis 1876 lorsque Alphonse XIII monte sur le trône, en 1902. Les Cortes et le Sénat sont élus au suffrage universel ; les libéraux et les conservateurs se succèdent au gouvernement. C'est de toute évidence une démocratie d'apparence. Les élections sont contrôlées par l'administration madrilène.
Le prolétariat s'organise et se regroupe au sein de l'Union générale des travailleurs, marxiste. En 1911, c'est la création de la Confédération nationale du travail, résolument anarchiste. De grèves en attentats anarchistes, l'Espagne renoue avec l'instabilité politique. Dans ce contexte agité, le général Primo de Rivera prend le pouvoir, en 1923, mais son comportement dictatorial lui vaut l'inimitié de l'ancienne classe politique, et il part en 1930.
Le 12 avril 1931, les républicains gagnent les élections municipales, le roi Alphonse XIII s'exile, et la république est proclamée. En 1936, la gauche unie remporte la majorité. Quelques églises brûlent ; le leader de droite, Calvo Sotelo, est assassiné ; et les casernes s'agitent.

La guerre civile (1936- 1939)

Le 17 juillet 1936, le soulèvement de Melilla, au Maroc espagnol, marque le début de l'affrontement. Franco commande les troupes nationalistes au Maroc ; le général Mola mène les troupes du nord ; la Castille et la Galice rejoignent le putsch, ainsi que les grandes villes d'Andalousie. Madrid, Barcelone et la côte méditerranéenne restent aux mains des républicains.
Le gouvernement Giral arme les milices ouvrières. La majorité de l'armée et la guardia civil se rallient aux généraux ; les gardes d'assaut rejoignent les républicains. Le Christ-Roi affronte Bakounine. Versant républicain, les anarchistes et le P.O.U.M. mènent la danse avec l'aide des brigades internationales. Côté nationaliste, Franco devient Caudillo et généralissime. Il réussit, et c'est sa force, à fédérer carlistes et phalangistes. Le Caudillo, avec ses troupes marocaines, aidé par l'Italie fasciste et l'Allemagne nazie, remporte la victoire. La répression fait rage et la dictature franquiste s'impose.

Le franquisme

Franco pratique une politique conservatrice. En économie, il s'entoure de spécialistes qui remettent l'Espagne sur les rails du développement économique. La politique d'industrialisation, l'urbanisation et la modernisation de l'agriculture lui apportent le soutien du peuple.
Son pouvoir repose sur l'armée et l'église. L'Opus Dei fédère les couches dirigeantes dans un réseau catholique intégriste très influent qui contrôle l'Etat et la finance. Ses proches sont souvent compromis dans des scandales financiers.
Le Caudillo, en vrai autocrate, muselle la presse, et les dirigeants de gauche se cachent. Les enfants des anarchistes de 1936 ne baissent pas les bras, mais finissent exilés ou garrottés. L'ETA agit, comme avec l'attentat qui coûte la vie à l'amiral Carrero Blanco, en décembre 1973.
Premier et dernier réflexe démocratique, Franco désigne le prince Juan Carlos comme futur roi, et rétablit la monarchie constitutionnelle. Le Caudillo meurt le 20 novembre 1975.

La transition démocratique

Juan Carlos Ier limoge le Premier ministre de Franco, Arias Navarro, et nomme Adolfo Suarez, partisan de la démocratie. En 1977, Suarez légalise le parti communiste et autorise la liberté syndicale. En 1978, une nouvelle Constitution est votée, qui rétablit les instances représentatives et fait du suffrage universel la clé de voûte de la démocratie. Le roi instaure un système de partis semblable à ceux des autres pays européens.
Dans le même temps, les nationalistes basques mènent la guérilla urbaine. Huit généraux sont assassinés entre 1978 et 1982. C'est la cause du dernier pronunciamento, celui du commandant Tejero, le 23 février 1981. Juan Carlos exprime son attachement à la démocratie. Le complot échoue et le roi voit son prestige renforcé. En 1982, les socialistes arrivent au pouvoir et, dès 1986, l'Espagne rejoint la C.E.E. En 1996, la droite revient au pouvoir, mais en 2004, les élections législatives portent le socialiste Zapatero à la tête du gouvernement.

Le dernier « pronunciamento »

Le peuple espagnol s'enthousiasme pour le retour de la démocratie. La plupart des hiérarques franquistes sont partis. C'est de la Guardia Civil que vient le dernier sursaut des nostalgiques du Caudillo. Le 23 février 1981, le lieutenant-colonel Tejero et une poignée de gardes civils investissent les Cortes, et gardent, la nuit entière, les députés en otage. L'heure n'est plus à l'idéologie fasciste : l'armée demeure dans les casernes. Seul le capitaine général de Valence rallie le complot. Le roi choisit le camp démocrate et les putschistes rejoignent leur prison.

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