Géographie, faune et flore
Au coeur de l'océan Indien, l'île Maurice forme, avec l'île de la Réunion et l'île Rodrigues, l'archipel des Mascareignes. Elle annonce 63 km du nord au sud et 47 km d'est en ouest. Un confetti de 1 865 km², avec 330 km de côtes. Sur le 21e parallèle, Maurice flirte avec le tropique du Capricorne, à 210 km de la Réunion, 900 km de Madagascar et moins de 2 000 km du continent africain. Sa petite soeur, Rodrigues, est ancrée à 560 km à l'est de ses côtes. Nées des profondeurs de l'eau, ces terres-là sont l'oeuvre du volcanisme. Voilà huit millions d'années, leurs premiers volcans surgirent au-dessus des flots, sous l'effet des soubresauts brûlants du noyau terrestre. La lave jaillit deux ou trois millions d'années durant. Puis se figèrent les pics mauriciens. Une longue période d'érosion les sculpta et les rabota. Aujourd'hui, le sommet le plus élevé, le piton de la Rivière Noire, culmine à 828 m, suivi du Pieter Both (821 m) et du Pouce (812 m). Plantées en corolle, ces montagnes de basalte aux arêtes vives délimitent le haut plateau central de l'île, qui n'excède pas 600 m d'altitude. Ruisseaux et rivières le sillonnent, se ruant en des vallées et gorges verdoyantes. Sur leurs cours se multiplient les cascades, souvent les cascades, souvent spectaculaires, telles les chutes de Tamarin ou de Chamarel. Les dernières éruptions volcaniques (100 000 ans) ont enrichi les plaines du Nord et de l'Est, devenues terres agricoles fertiles. Le Sud, lui, recèle les derniers hectares de forêt indigène. Autour de l'île, des barrières de corail apaisent la fureur des vagues. Elles dessinent des lagons d'émeraude qui, de Grand Baie à Belle Mare, baignent de splendides plages de sable blanc.
Un jardin extraordinaire
La forêt vierge, qui couvrait l'ensemble de l'île, a été détruite par les premiers colons. Teck, palissandre, ébène : les fameux « bois des îles » furent soit utilisés sur place, soit exportés pour la fabrication de meubles précieux. Au XVIIe siècle, la plantation de la canne à sucre accéléra la déforestation. De nos jours, moins de 1 % de la surface du pays conserve ses essences originelles, dûment protégées par le gouvernement au sud-ouest du pays. Pourtant, Maurice est le contraire d'une terre dénudée. C'est qu'elle a été régulièrement reboisée, notamment dans ses parties les plus montagneuses, avec des eucalyptus, des camphriers, des takamakas, des acajous, mais aussi des conifères. Fougères arborescentes et lianes à crochets, bambous aussi, s'entremêlent dans les secteurs les plus humides, tandis que flamboyants, tamariniers, jambosiers et autres bougainvillées embellissent routes, villes et villages. La côte, elle, apparaît comme le domaine privilégié des cocotiers, mais aussi et surtout des filaos. Végétation luxuriante, qui fait de l'île un jardin extraordinaire. Papayes, mangues, litchis, goyaves, avocats Les fruits abondent toute l'année. Quant aux fleurs, elles sont indissociables de la carte postale mauricienne, des anthuriums rouges aux jacarandas mauves et des lys aux orchidées.
Le ciel et la mer
Oiseau devenu mythique, le dodo a disparu de l'île à la fin du XVIIe siècle, comme son proche cousin le solitaire de Rodrigues. Au cours des siècles suivants, de nombreuses autres espèces d'oiseaux autochtones ont vu s'éclaircir leurs rangs. De nos jours, on aperçoit encore la crécerelle, l'oiseau du paradis, le pigeon rose, le coq des bois et, beaucoup plus fréquemment, le martin, l'oiseau à lunettes, le serin, le bengali et surtout le condé, qui picore volontiers dans les assiettes. Le littoral, lui, offre le merveilleux spectacle du paille-en-queue, mais aussi des goélettes, pétrels, fous et autres hirondelles. La faune terrestre est essentiellement constituée d'espèces importées par les Néerlandais au XVIIe siècle pour la chasse et la viande, comme le cerf de Java, le sanglier et le lièvre. Les tortues géantes, terrestres ou marines, ont été exterminées. Les lézards, eux, abondent. Quant aux rares serpents, ils ne sont pas venimeux. Sous la surface de l'océan, la vie animale demeure intense, même si le développement touristique de l'île en menace, aujourd'hui, l'équilibre. Poissons-perroquets, poissons-clowns et poissons-trompettes dans le lagon, espadons, marlins et barracudas au large, plus les oursins, coraux, étoiles de mer, anémones... A Maurice, la vie sous-marine est une fête.










