Religion
Si la Constitution portugaise assure une totale liberté de culte, l'immense majorité des Portugais se déclare catholique. Et pratique souvent sa religion avec ferveur. L'affluence dans les églises pour assister à la messe dominicale en fait régulièrement la preuve. Cette ferveur religieuse donne partout lieu à de grandes fêtes traditionnelles et processionnaires, célébrant quelque saint local ou plus généralement la Vierge. Le pèlerinage de Fátima attire bien entendu des milliers de fidèles, mais il en faut beaucoup moins aux Portugais pour assouvir leur foi ! Nombreuses sont les romarias, fêtes populaires mêlant le culte proprement dit et l'aspect festif (feux d'artifice, chorales, banquets et bals), y compris dans les grandes villes. A Lisbonne, le jour de la Saint-Antoine-de-Padoue - qui était portugais - est férié !
On célèbre successivement, après cette fête, celle de trois saints également très populaires : Jean, Pierre et Vincent. On peut ainsi mesurer l'importance que revêt la religion dans l'organisation parfois grandiose de ces fêtes de quartier, auxquelles la population - y compris les plus jeunes - semble vraiment attachée. Mais aussi dans l'influence qu'elle exerce sur les grands problèmes de société. Elle a en effet récemment prouvé sa puissance d'intervention en empêchant, en 1998, la libéralisation de l'avortement, soumise à un référendum.
Fátima : la prophétie révélée
Longtemps controversé, le pèlerinage de Fátima a pris de plus en plus d'importance au fil des décennies, jusqu'à sa sacralisation totale prononcée par le pape Jean-Paul II, qui béatifia, le 13 juin 2000, deux des trois bergers à qui apparut la Vierge. Le 13 mai 1917, puis le 13 des cinq mois qui suivirent, Marie apparut à Jacinta, Francisco et Lucia (la seule survivante, devenue religieuse carmélite), alors âgés de dix, neuf et sept ans. Elle leur aurait révélé trois secrets, puis aurait abordé les questions politiques d'alors (imminence de la révolution d'Octobre, dénouement du conflit européen...). Le troisième secret fut dévoilé aux fidèles quelques semaines après la béatification par le pape Jean-Paul II. C'était un avertissement au pape, dont la Vierge aurait pressenti l'attentat au début des années 1980. L'Eglise précisa qu'il était nécessaire de s'attacher au caractère symbolique de la prophétie plutôt qu'au fait apocalyptique annoncé









