Voyage Sénégal : Paysages uniques
Bien calé entre la Mauritanie au nord, le Mali à l'est, les Guinée et Guinée-Bissau au sud, le Sénégal fait largement face au grand large : il dessine 700 km de côtes sablonneuses à la pointe extrême occidentale de l'Afrique. Quatre fleuves paresseux déversent leurs eaux brunes dans l'océan bleu roi : le Sénégal, la Gambie, la Casamance et le Saloum, grossi par le Sine. Le Sénégal est d'abord le pays de l'eau. Les marées, les rivières et leurs ramifications, baptisées bolongs, les lacs, les marigots, les ruisselets même, sont d'abord nourrissiers. C'est le domaine des piroguiers, des pêcheurs à l'épervier et au panier, des agriculteurs aussi, passés maîtres dans la culture du riz en Casamance, du millet le long du fleuve Sénégal, de l'arachide dans le Sine-Saloum. Plantureuses vallées, immense forêt guinéenne qui ombrage le Sud, pluies de l'hivernage qui entretiennent la verdoyance des lointains : le Sénégal affiche, d'entrée, une exubérance qui séduit ses visiteurs.
Situé dans la zone intertropicale, le pays, toujours chaud, peut avoir un visage beaucoup plus dépouillé. Le sahel y avance de plusieurs kilomètres par an ; seuls, les baobabs, comme figés sur place, et de rares épineux lui résistent. A l'intérieur, le Ferlo disparaît sous un sable jaune que le vent s'amuse à faire tourbillonner autour d'acacias rabougris, de gommiers torturés. Et pourtant
A la saison des pluies, ce désert-là se couvre d'une herbe presque invisible ; elle nourrit des troupeaux entiers de zébus, et même des chevaux. Miroir à deux faces, le pays est un modèle d'équilibre naturel. Du nord au sud, aridité et luxuriance s'interpénètrent plutôt qu'elles ne se combattent. Le Sénégal ne possède pas les paysages les plus grandioses d'Afrique. Mais c'est une des terres les plus harmonieuses de tout le continent.

