Géographie, faune et flore
La Turquie, ou plutôt son nom géographique d'Anatolie, est un plateau d'Asie tendu vers l'Europe. Un plateau de 1 500 km sur 500, soit 800 000 km² : une vingtaine de fois la Belgique ou la Suisse, un tiers de surface de plus que la France !
On a trop dit que la Turquie était une passerelle entre deux continents. Avec les détroits du Bosphore (Istanbul bogazi) et des Dardanelles (Çanakkale bogazi), séparés par le sas de la Marmara, elle est plutôt un verrou entre deux mondes : celui des steppes orientales et celui de la Méditerranée.
Et puis, la Turquie est un peu une anti-Grèce; c'est-à-dire un monde continental, montagneux à 80 %, moins marqué par ses 8 300 km de côtes que par ses lacs immenses : le lac Salé (Tuz Gölü), et ceux de Van, Burdur, E?irdir, Bey?ehir, Iznik... sans oublier ses fleuves légendaires, car c'est en Turquie que naissent le Tigre (Dicle), l'Euphrate (Firat), le Pactole (Gediz) gorgé d'or, l'Oronte (Asi) chargé de poésie et le Méandre (Menderes) à la sinuosité proverbiale. Leur cours est parfois contrarié par des barrages colossaux, dont l'utilité et les nuisances enflamment de vifs débats.
Le point culminant du volcan Ararat (A?n, de 5 165 mètres) marque le dernier soubresaut de l'Himalaya. Les chaînes du Taurus et du Pont condescendent à des moyennes de 900 m, s'abaissant jusqu'à former de vastes plaines côtières, telle la fertile Cilicie.
Encore peuplées de chevaux, les steppes de l'intérieur ne s'interrompent que pour d'épaisses forêts de résineux et de chênes, tandis que les côtes font alterner pins et feuillus. Lions et léopards se sont volatilisés depuis le Moyen Age, les grands prédateurs se cantonnent au loup et à l'ours. Pour le reste, les amateurs de bêtes rares guetteront le phoque et la tortue caret sur les plages de l'Egée, les pélicans et les flamants roses sur les grands lacs, et les cigognes sur les cheminées des fées de Cappadoce.










