La palanche du Vietnam
Les Vietnamiens comparent leur pays à une palanche, cette tige de bambou que les femmes portent adroitement sur leur épaule, et qui supporte à chacune de ses extrémités un panier de riz. Le premier panier, au nord, correspond au Tonkin, ou Bac Bô. Le tumultueux fleuve Rouge (Sông Hông) y laisse sur son passage de fertiles alluvions qui nourrissent une plaine populeuse et verdoyante. A l'autre bout de la perche se balance la Cochinchine, ou Nam Bô. Là, le fleuve Mékong (Sông Cuu Long) mouille de ses mille veines une infinité de rizières, de vergers et de mangroves. Entre les deux deltas s'étend l'Annam, ou Trung Bô, un isthme de montagnes et de plateaux où le littoral est ourlé d'étroits estuaires, de dunes et de plages de sable fin. Quant à l'extrême nord, il lorgne la plaine de haut. Les cimes du Fansipan, le sommet le plus élevé d'Asie du sud-est, y frôlent l'azur à 3 143 m d'altitude.










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