Née à la croisée de l'Orient et de l'Occident, la Russie incarne à la fois la dualité et la synthèse des deux univers. Une diversité qui se lit sur les visages, les façades, les clochers des églises. Elle est personnifiée par un double pôle de civilisation : Moscou et Saint-Pétersbourg, les deux grandes villes rivales.
Prise entre l'Europe, le Grand Nord, la Sibérie et le vaste couloir des steppes asiatiques, la Russie a su cultiver sa vocation de nation charnière au cœur de l'Eurasie. Il s'en dégage le sentiment d'une inépuisable richesse culturelle, intellectuelle et humaine, que la réalité d'un pays en crise ne saurait gommer.
Saint-Pétersbourg, ville-palais, ouvre grand sa "fenêtre sur l'Europe" en défiant
Amsterdam. Moscou, gardienne des vieilles valeurs nationales, se laisse gagner
par la fièvre de la rénovation, de la modernité, de l'argent. Il en résulte
un mélange de Byzance et de New York !
Cette fameuse "Russie éternelle", riche en surprises, en images fortes et en
couleurs, mérite toujours sa réputation de nos livres d'enfant. Pour son architecture,
souvent semblable aux meilleures illustrations de contes orientaux, immergée
avec harmonie dans un paysage de plaines, de sylves, de lacs et de voies d'eau,
de villages d'un autre âge avec des isbas centenaires et, surtout, par ses hommes
et ses femmes, d'une grande dignité et profondément francs.
Nulle part le facteur saison ne joue un rôle plus décisif qu'en Russie. La nature elle-même impose ses choix : pas de croisières fluviales d'octobre à mai, quand les fleuves et les lacs sont gelés, pas de nuits blanches en hiver, quand le soleil n'éclaire Saint-Pétersbourg que le temps d'une journée éphémère...
Mais l'hiver est plus hospitalier que Stendhal ne l'a décrit : spectacle féerique que la Russie drapée de neige et souvent courtisée - le saiton ? - par les rayons rouges du soleil. L'été, chaud et lumineux, n'est pas ingrat. Plus rudes sont les derniers jours de l'automne, quand la nature effeuillée se raidit sous un ciel couleur de plomb, et les premiers jours du printemps, alors que le dégel étale partout une soupe brunâtre, à laquelle vos chaussures ne survivront pas !
D'un week-end. Trois jours, deux nuits : cette formule courante peut paraître expéditive, mais elle permet une immersion surprise dans l'univers de Moscou ou de Saint-Pétersbourg.
A Moscou, un week-end laisse le temps de découvrir le Kremlin, ses cathédrales et son palais des Armures, quelques-uns des grands musées de la ville... Après une flânerie dans une rue piétonne, un spectacle au Bolchoï et une échappée dans l'un des monastères de Moscovie, le voyageur rentrera émerveillé.
Saint-Pétersbourg aussi se prête à différentes idées de miniséjours, pendant
lesquels les visites "incontournables" peuvent être enrichies d'une ou deux
excursions dans l'un des palais impériaux de la région, d'un spectacle, voire
même d'une escapade en Carélie à la faveur d'un weekend prolongé.
Une semaine. Ce séjour peut être l'occasion de découvrir successivement Moscou
et Saint-Pétersbourg - les deux cités concurrentes - en leur consacrant un nombre
égal de jours pour éviter les jalousies ! Mais il offre également la possibilité
de découvrir l'une d'entre elles plus en profondeur, sans regarder sa montre,
tout en s'accordant une "fugue" audehors : de Moscou vers Serguiev-Possad ou
Rostov-le-Grand ; de Saint-Pétersbourg vers l'île de Kiji, Novgorod ou Pskov.
Dix jours et plus. Avec ce capital temps, deux possibilités privilégiées :
l'aventure de la croisière fluviale de la Moskova à la Néva, à travers la Russie
profonde, ses villes médiévales, ses sites monastiques et ses lacs caréliens
; ou bien l'Anneau d'or, des vieilles cités princières comprises entre Moscou
et la Volga avec, au prix d'un calendrier plus serré, un "crochet" jusqu'à Saint-Pétersbourg.