Arts et Culture Cuba

Que faire et voir à Cuba ?

Archipel rebelle, Cuba ne se résout pas à un destin de « Pays sous influence ». Depuis la résistance indienne à la colonisation espagnole jusqu'à l'entêtement castriste face à l'embargo américain, le « Pays du crocodile » n'en finit pas de montrer les dents pour défendre une indépendance toujours menacée. L'art et la culture cubaine est marqué par son histoire.

La littérature

Nicolas Guillén, né en 1902 à Camagüey, est la grande figure de la poésie cubaine du XXe siècle. C'est lui qui compara Cuba à « un crocodile vert aux yeux d'eau et de pierre ». Métis descendant d'esclaves, Guillén est l'auteur de ces vers fameux : « Yoruba soy, cantando voy, llorando estoy, y cuando no soy yoruba, soy congo, mandinga, carabali » (« Je suis yoruba, je vais chantant, empli de larmes, et quand je ne suis pas yoruba, je suis congo, mandinga, carabali »). Chantre du métissage, il combattit le racisme et prôna la fusion des héritages espagnol et africain.
Autre figure clé de la littérature cubaine contemporaine, le romancier Alejo Carpentier, mort à Paris en 1980, a laissé une oeuvre baroque et truculente, marquée par le merveilleux. Ses livres les plus connus sont Le Royaume de ce monde, Le Partage des eaux et Guerre du temps.
Guillén et Carpentier sont des écrivains en phase avec le régime castriste, mais il existe aussi une littérature dissidente. Reinaldo Arénas, chantre de l'homosexualité, mort en exil aux Etats-Unis en 1991, ou Zoé Valdés, exilée à Paris, en sont des figures emblématiques.

Le cinéma

En dépit de la censure et de contraintes économiques draconiennes, le cinéma cubain est vivace. Fidel Castro lui-même a un faible pour le septième art. Et pour cause : il a interprété un latin lover dans le Bal des sirènes, un film hollywoodien de 1944 !
Le cinéma cubain s'est d'abord illustré dans le documentaire, dans les années 1960 et 1970, sous la houlette de Santiago Alvarez, l'auteur de Hasta la victoria siempre. Une génération plus tard, la fiction acquiert ses lettres de noblesse : le réalisateur Tomás Gutierrez Alea, mort en 1996, obtient la notoriété mondiale avec Fresa y Chocolate, nominé aux oscars aux Etats-Unis, et Guantanamera. Et Cuba ne cesse d'inspirer les cinéastes étrangers (Cuba feliz, de Karim Dridi, Avant la nuit, de Julien Schnabel. Y compris aux Etats-Unis : l'acteur américain d'origine cubaine, Andy Garcia, réalise en 2004, Adieu Cuba, une fiction historique sur son île natale à l'époque du basculement révolutionnaire.

Un Américain à Cuba

Ernest Hemingway a vécu les années 1940 et 1950 à Cuba, avec cinquante-sept chats, dans une ferme de la banlieue de La Havane, la Finca Vigía, aujourd'hui transformée en musée. L'auteur du Vieil Homme et la Mer adorait la pêche au gros… et les cocktails : il a laissé une description fameuse du Daïquiri glacé. A La Havane, ses deux bars de prédilection, la Bodeguita del Medio et le Floridita sont devenus des lieux de pèlerinage. Au Floridita, des chaînes empêchent que des fans fétichistes volent le tabouret où l'écrivain avait coutume de s'asseoir.

La musique et la danse

La musique et la danse sont indissociables de l'âme cubaine. Elles font partie du quotidien. Tout prétexte est bon pour une descarga (un « boeuf ») : sur une terrasse, sur une plage, un groupe improvise et les gens dansent. Les textes des chansons abordent avec humour et mordant les difficultés de la vie ordinaire, traçant une véritable chronique de l'époque.
La fin des années 1990 marque le retour de la vieille garde : Compay Segundo, Ibrahim Ferrer, Rubén Gonzalez... Wim Wenders a même consacré un documentaire à ces « super abuelos » - littéralement « super papis » - après la sortie de leur album Buena Vista Social Club.
Ici encore, le métissage est à l'honneur : la musique cubaine, appelée à juste titre afro-cubaine, mêle la guitare espagnole aux tambours et rythmes africains sacrés de la santería. Apres le mambo, le cha-chacha, le danzón, la rumba, la nueva trova et tant d'autres, la salsa enfièvre les pistes de danse depuis les années 1980. Inventée par les Latinos new-yorkais, la salsa dérive du son, ce syncrétisme musical cubain à base de percussions, cordes et chant. A Los Van Van, qui restent indémodables, succède une nouvelle génération de salseros : Paulito et son élite, El médico de la salsa, NG la banda… Puis le XXIe siècle apporte une nouvelle vague de métissage : avec Issac Delgado, Miguel Anga Diaz, le groupe Orishas et tant d'autres, les musiques traditionnelles cubaines se combinent aux sons contemporains : funk, musique électronique...
La musique et les musiciens cubains s'exportent dans le monde entier. Le gouvernement s'en donne les moyens : au plus fort de la crise, les deux écoles d'art de La Havane, considérées comme les meilleures de toute l'Amérique latine, n'ont pas cessé de produire des virtuoses. On peut manquer de viande ou de lait, mais on se débrouille toujours pour trouver une guitare, un piano…

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